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Mon vol pour l’Australie

Ce matin, j’ai loupé mon avion pour l’Australie.

Les gens s’affairent sur le tarmac de l’aéroport et je me tiens là, l’air hagard et le corps tétanisé par la panique qui est en train de me gagner.

La main gauche posée sur ma grosse valise noire à roulettes, j’observe mes compagnons de voyage se presser tout sourire vers la rampe d’embarquement de l’A380 qui s’apprête à nous emmener au bout du monde. L’excitation est palpable, l’air est électrique.

Moi, je suis comme cloué sur place. Je viens de me rendre compte que j’ai oublié mon sac à dos dans la chambre d’hôtel où je viens de passer la nuit.

Comment faire ? Il me reste peut-être 30 ou 40 minutes avant que l’avion ne décolle. J’ai absolument besoin de ce deuxième sac qui contient la plupart des mes affaires personnelles. C’est pas vital, mais presque.

Je n’ai pas le choix, il faut à tout prix que je retourne à l’hôtel. J’empoigne alors ma valise, traverse à nouveau la piste et me dirige à toute vitesse vers l’un des points d’accueil du terminal.

Totalement déboussolé par cette soudaine situation d’urgence, je ne parviens pas à me souvenir de l’adresse de l’hôtel. Une hôtesse m’aide à la retrouver et je quitte l’aéroport à pieds en rentrant l’adresse dans l’application Plans de mon iPhone.

Une quarantaine de minutes. C’est le temps que j’ai pour retourner à l’hôtel, récupérer mon sac, revenir à l’aéroport et tenter d’embarquer avant que l’avion ne quitte le sol français. Autant dire que la mission semble plutôt impossible. Je me mets malgré tout en marche.

Pour ajouter encore un peu plus de tension à la situation, je me perds dans le dédale des petites ruelles de la ville. Pour mon dernier jour en France, il avait fallu que je choisisse un hôtel situé dans le centre, loin des grands axes et surtout loin de l’aéroport.

Malgré les indications du GPS, je n’arrive pas à retrouver mon chemin. L’heure tourne, et j’imagine déjà la tête de la responsable du groupe avec lequel je suis sensé partir en train de s’apercevoir que je manque à l’appel.

Impossible de retrouver ce foutu hôtel ! Les larmes commence à monter en moi, ma grosse valise me paraît de plus en plus lourde et mon voyage au pays des kangourous est en train de devenir un doux rêve. J’ai peur et je transpire. Je ne suis pas fichu de me rappeler le chemin que j’ai emprunté pourtant quelques heures plus tôt.

Soudain, je pense à attraper un bus dans l’espoir de gagner du temps et surtout de trouver quelqu’un qui pourrait me dire où se trouve ce fichu hôtel.

Je me retrouve assis dans le bus, il y a du monde. C’est assez étrange, les gens sont tous bien habillés, on se croirait sur le parvis de la Défense un lundi matin. Je commence à me demander si j’ai choisi le bon itinéraire. Le stress continue de m’envahir, et mon avion va très probablement s’envoler sans moi.

J’arrive à destination. Je suis exténué, ma valise m’insupporte de plus en plus mais j’ai réussi à retrouver l’hôtel et je vais enfin pouvoir récupérer mon sac à dos. J’entre dans le hall de réception, et c’est à nouveau la surprise.

Il y beaucoup de monde. Je retrouve les personnes croisées dans le bus, il semblerait que ce soit des “officiels”. Des militaires armés rôdent et m’observent comme si j’étais un homme suspect. L’un d’eux m’attrape par l’épaule et me demande de sortir expressément, en me faisant comprendre que je n’ai pas l’autorisation d’être ici.

Abasourdi, je m’exécute en empruntant une petite porte sur le côté, et me voilà de nouveau à l’extérieur, dans l’incompréhension totale face à ce qui vient de m’arriver. Comment ai-je pu confondre une ambassade avec un hôtel à la con ?

Je regarde l’heure sur mon iPhone, il ne me reste que quelques dizaines de minutes avant que mon avion s’élève dans le ciel. Cette fois c’est foutu. Je n’y arriverai pas, et le gigantesque Airbus va réellement décoller sans moi. Je ne verrai jamais les kangourous et j’ai pommé toutes mes affaires. Je commence à pleurer.

Un couple assis à la terrasse du café de l’autre côté de la rue rit à tue-tête. Mes pleurs redoublent d’intensité. C’est vraiment trop bête, en plus j’avais commencé à sympathiser avec l’une des filles du groupe, la jolie blonde.


J’ouvre les yeux. J’ai dormi plus que d’habitude et mon corps est parfaitement détendu. Allongé sur le dos, les bras de chaque côté du corps, je repense à ce rêve que je viens de faire. C’est un peu perturbant, mais j’ai envie de recommencer. Plein de fois, des millions de fois.

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