Thomas Gaudex

Writer & Editor

Une jolie courbe

Une nouvelle année, un nouveau départ. Je triche un peu, c’est vrai. Je suis entré dans la courbe de ce long virage au cours de l’année 2017. Quelques mois après, j’ai du mal à ressentir les effets positifs de ce changement.

Janvier 2018, je tourne. On pourrait croire qu’elle me plait bien cette courbe, alors qu’en fait je commence déjà à ressentir une désagréable sensation de tournis. Je reste malgré tout solidement accroché aux rails, les seuls capables de me maintenir dans un semblant de direction pour éviter que je ne finisse dans le décor.

Si je regarde un peu le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui, il semblerait que j’ai toujours préféré les virages aux lignes droites. Mon côté casse-cou sans doute.

Lorsque j’étais gamin, je me retrouvais d’ailleurs plus souvent perché en haut des arbres que planqué derrière la console du salon. Côté risque, il n’y a pas photo.

C’était relativement facile, il n’y avait pas de console à la maison, ni même de poste de télévision. Une éducation loin des écrans, c’était encore possible à l’époque, même si on passait pour des petits hommes verts. Merci papa et maman !

L’entrée au lycée a été déterminante. C’est à ce moment là que j’ai commencé à prendre goût pour tout ce qui ne filait pas droit. Ah ça c’est sûr, j’allais devenir un sacré bon pilote. J’ai d’ailleurs décroché avec succès et du premier coup mon permis de conduire ! L’histoire fut un peu moins glorieuse du côté du baccalauréat, puis des études par la suite…

Après le lycée, j’allais devenir le roi de la courbe…. non maîtrisée ! J’étais plutôt du genre à être le pilote qui part en tête à queue à la moindre tentative plutôt que celui qui franchit la ligne d’arrivée le point levé. Mais au moins j’avais le mérite d’essayer. Qui ne tente rien n’a rien.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis obstiné à accoler un +3 derrière mon Bac. Mais après de longues années particulièrement laborieuses, j’ai réussi. Je suis devenu diplômé moi aussi, sans vraiment avoir une idée précise de l’endroit où ça me mènerait.

Il y avait peut-être cett timide envie d’exister dans une société qui encore aujourd’hui ne permet pas à tout le monde de réaliser ses rêves. Les pressions extérieures aussi. Ces voix qui nous parviennent et qui nous répètent en boucle que plus nous aurons de diplômes, plus nous multiplierons nos chances de réussir professionnellement. Triste réalité, vive la France, vive les bullshit jobs.

Je ne vais pas vous passer en revue les vingts dernières années de ma vie, ce serait légèrement ennuyeux. Toujours est-il qu’elles ont été une succession de virages avec des sorties de route plus ou moins maîtrisées, et bien sûr quelques crashs inévitables. Tout ce qu’il y a de plus classique finalement.

Il paraît que c’est comme cela que l’on apprend, que l’on grandit et que l’on se réalise. Pour ma part, j’en suis toujours à l’étape de l’écriture du scénario. J’ai des morceaux d’histoires en tête, mais pas vraiment de fil conducteur. Quant aux personnages principaux qui m’accompagneront dans ma quête, j’en connais déjà quelques-uns, mais il en manque encore, et pas des moindres.

Ces dernières années, je n’ai pas vraiment changé ma manière de faire. Le problème est peut-être là. Des courbes, des courbes et encore des courbes. Je n’arrive pas à savoir où je vais.

J’avais pourtant imaginé filer un peu plus droit une fois la trentaine passée. Je voyais bien ma vie comme un long fleuve tranquille, avec femme et enfants. Basique, simple, simple, basique comme dirait Orelsan. Visiblement, la vie en a décidé autrement. Oui, c’est plus facile de tout lui mettre sur le dos à la vie !

Anne-Laure a sans doute raison, peut-être faut-il juste être là et attendre. Ne pas s’évertuer à chercher un sens à tout ce qui a été et à tout ce qui est. Rester ouvert à ce qui pourrait éventuellement se présenter sans nécessairement se mettre à chercher dans une nouvelle direction.

Le problème est que nous vivons dans un monde où l’inactivité, dans le sens absence de travail contre rémunération, peut vite conduire à une situation très inconfortable, voir insupportable. La suprématie du faire, et non de l’être.

Alors aujourd’hui, je tourne. J’essaie de me servir de la dernière courbe dans laquelle je me suis engagé pour trouver l’élan nécessaire à ma réalisation future, que j’espère pas trop lointaine. Et en attendant, je travaille sur le scénario. C’est comme cela que l’on créé de belles histoires…

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